Le texte final de la proposition de directive, qui fait l'objet de discussions depuis près de 30 mois, comprend un certain nombre d'améliorations significatives pour les institutions du patrimoine culturel.
En collaboration avec nos partenaires de l’Association du réseau Europeana et des organisations de bibliothèques et de recherche, nous avons réussi à atteindre bon nombre des objectifs qui avaient été inclus dans le mandat de plaidoyer d’Europeana, adopté en décembre 2016. Le texte de compromis final adopté mercredi par les négociateurs améliore la proposition initiale de la Commission dans un certain nombre de domaines. Il s'agit notamment:
Les articles 3 et 3 bis introduisent des exceptions au droit d’auteur pour l’exploration de textes et de données. Grâce à nos efforts, les institutions du patrimoine culturel ont été incluses en tant que bénéficiaires de l'article 3, garantissant ainsi que les chercheurs, les institutions du patrimoine culturel et leurs utilisateurs peuvent obtenir de nouvelles informations sur leurs collections grâce à l'exploration de textes et de données.
L’article 5 introduit une exception à l’échelle européenne qui permettra la conservation numérique des œuvres protégées par le droit d’auteur.
Les articles 7 à 9 créent des mécanismes qui permettent aux institutions du patrimoine culturel de rendre accessibles en ligne les œuvres indisponibles dans le commerce contenues dans leurs collections. Grâce à nos efforts, ces articles ont été renforcés par l'ajout d'une exception de repli pour les situations dans lesquelles il n'existe pas d'organismes de gestion collective capables de délivrer des licences.
Un nouvel article 9 bis donne aux différents États membres la possibilité d’introduire des régimes nationaux de licences collectives étendues afin de faciliter davantage la numérisation de masse par les institutions du patrimoine culturel.
Un nouvel article 10 ter garantit que les reproductions numériques d’œuvres d’art du domaine public seront mises à la disposition du public pour utilisation et réutilisation. Cet article transposera l'un des éléments fondamentaux de notre Charte du domaine public de 2010 dans le droit de l'UE.
Pris ensemble, ces articles représentent un grand pas en avant vers un cadre européen du droit d'auteur qui favorise l'accès à la culture, à la recherche et à l'éducation. Ils aideront les institutions du patrimoine culturel dans l’ensemble de l’UE à améliorer l’accès aux œuvres de leurs collections et à œuvrer à la fermeture du trou noir du XXe siècle.
Les derniers obstacles
Le compromis de mercredi devra maintenant être formellement approuvé par les États membres de l'UE et le Parlement européen. L'adoption par les États membres devrait avoir lieu dans les trois prochaines semaines. Le Parlement européen devrait voter sur le texte final entre fin mars et mi-avril. Ce dernier vote est considéré comme crucial, car les députés s'opposent largement à d'autres parties de la directive.
À l’approche du vote, nous exhortons tous les députés à reconnaître les améliorations massives apportées par les articles 3, 5, 7 et 9 pour permettre aux institutions européennes du patrimoine culturel de numériser et de partager leurs collections en ligne.
Note : Au nom de l'Europeana Network Association, la Fondation Europeana représente le point de vue des institutions du patrimoine culturel dans les débats autour de la réforme du droit d'auteur de l'UE. Lire l’intégralité du mandat fondé sur le consensus. Le mandat a été approuvé à une nette majorité par le conseil des membres de l’association Europeana Network, un petit nombre d’organisations faisant état de leur dissidence (qui est clairement consignée dans le mandat).
