L'éthique dans le patrimoine culturel numérique - de quoi parlons-nous vraiment?
Notre séance a commencé par discuter avec les participants de ce que l'éthique représente pour eux dans le secteur du patrimoine culturel numérique et des questions éthiques qui émergent en ce qui concerne le droit d'auteur et le libre accès.
Les participants sont convenus que l'éthique constitue un concept large, qui peut impliquer des significations différentes pour différents groupes, en fonction des missions et de la portée des travaux des institutions.
Concilier éthique et libre accès
Allant au-delà du droit d'auteur et de la conformité légale, nous avons discuté de la façon dont il pourrait y avoir diverses restrictions ou considérations applicables au partage des collections d'un point de vue éthique. Par exemple, il se peut que la protection par le droit d’auteur d’un objet donné ait expiré, mais l’institution doit toujours se demander si le fait d’autoriser le libre accès aux reproductions en vue d’une réutilisation ultérieure pourrait avoir une incidence négative sur des personnes ou des groupes spécifiques. Les objets concernés pourraient avoir une valeur religieuse ou sociale spécifique pour les communautés dont ils émanent, ou pourraient contenir des informations sensibles. En outre, il peut y avoir des objets qui sont déjà dans le domaine public, mais dont la numérisation, la diffusion ou la promotion pourraient ne pas être appropriées.
Les institutions du patrimoine culturel (ICC) ne sont peut-être pas les mieux placées pour répondre seules aux questions d'éthique lorsqu'elles traitent d'un élément particulier, mais elles peuvent avoir besoin de travailler avec les individus ou les communautés auxquels appartiennent les objets concernés et de les centrer dans les processus décisionnels. Les institutions devraient demander: dont l’éthique doit s’appliquer à l’objet ou à la collection concerné(e)? Il se peut qu’il faille tenir compte d’une série d’éthiques communautaires, telles que celles du CHI et des initiateurs de l’objet.
Partager le patrimoine culturel numérique tout en communiquant les implications éthiques
La session a également examiné comment il pourrait y avoir des normes éthiques applicables aux niveaux national, sectoriel ou même universel dont les institutions devraient être conscientes. Par exemple, certaines considérations éthiques locales peuvent exiger que certains objets ou données sur ces objets ne soient jamais partagés publiquement, en raison de la valeur représentative de l'objet pour sa communauté. Dans ces cas, le Dr Wallace a suggéré de tenir compte de la norme éthique locale la plus pertinente en ce qui concerne les individus et les groupes touchés. Les établissements devraient également observer comment les différentes normes éthiques applicables à des objets et collections spécifiques interagissent et comment ils peuvent garantir la conformité de leurs politiques internes à ces normes. Outre ces normes éthiques, les institutions devraient toujours se demander si le droit d'auteur devrait être revendiqué dans l'objet, s'il devrait être accessible numériquement et quel type de métadonnées devrait l'accompagner. En effet, le droit d'auteur n'est pas le seul outil dont disposent les institutions pour indiquer que des restrictions s'appliquent à la réutilisation. L'étiquette Énoncés de droits pour les autres restrictions juridiques connues peut être utilisée pour indiquer que les revendications de droits autochtones ou les expressions culturelles traditionnelles protègent l'objet, bien qu'il soit dans le domaine public.
La recherche d'un équilibre entre les objectifs institutionnels des CHI sur le domaine public et le libre accès, et les intérêts et les valeurs des groupes et des individus qui pourraient être affectés par les activités des CHI est une tâche difficile, en particulier lorsque les collections sont numérisées en masse. Cela complique l'examen individualisé du contexte et de la sensibilité culturelle. Par conséquent, les ISC devraient avoir des politiques claires sur le libre accès et le partage, en particulier sur les documents qui pourraient nécessiter une analyse complexe et des considérations éthiques. Ces politiques devraient être révisées régulièrement.
Quelques exemples concrets
Les participants ont discuté d'exemples concrets tirés de leur travail et de leurs projets quotidiens, et de la manière d'intégrer l'éthique et une approche institutionnelle des questions éthiques à leur travail.
Un exemple concerne l'archivage par un CHI des témoignages d'un événement important partagé par des individus via les médias sociaux, archivés et mis à disposition pour faciliter la recherche. L'ICS s'est demandé comment limiter les préjudices potentiels lors de la collecte d'informations à partir des médias sociaux. Ils ont reconnu que les personnes qui ont partagé ces histoires l'ont fait par le biais d'un média spécifique et à un moment spécifique, et pourraient ne pas vouloir qu'elles soient archivées à plus long terme. Cependant, certains participants ont partagé leur préoccupation quant à la restriction des matériaux que les CHI devraient collecter, dans le contexte des besoins sociétaux futurs et des capacités à comprendre le passé. Le Dr Wallace a souligné la nécessité d'examiner le type de données à collecter et à archiver dès le début, ce qui permettrait à la fois de comprendre le passé tout en évitant de causer des situations nocives pour les individus et les communautés. À titre d’exemple, M. Wallace a proposé de se concentrer sur le contexte des vidéos archivées et d’autres informations qui peuvent en être déduites, et de se tourner vers des outils open source qui peuvent supprimer certaines données, telles que le visage d’une personne, de la vidéo afin de protéger son identité et de réduire les obligations découlant de la réglementation en matière de protection des données.
Un autre exemple partagé par un participant concernait la formation d’une intelligence artificielle de reconnaissance visuelle qui identifie les visages des personnes afin de permettre des recherches et des réutilisations efficaces des archives. Le participant a mentionné son intention de créer un ensemble de référence pour faciliter la formation continue des modèles utilisés par d'autres ISC. Tout en valorisant les avantages de ces utilisations pour la découvrabilité du patrimoine culturel, les participants ont également noté que cela pourrait avoir des implications éthiques. Certains ont suggéré leur atténuation en limitant les utilisateurs finaux à certaines organisations.
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