Comment êtes-vous entré dans votre profession?
Après avoir obtenu mon diplôme en histoire moderne et en sciences de la bibliothèque et de l'information, j'ai navigué dans les eaux boueuses du marché du travail temporaire pendant un certain temps, puis j'ai postulé pour un poste au gouvernement flamand afin de stimuler l'élaboration de politiques sur le patrimoine culturel numérique. C'était une période inspirante au cours de laquelle la nécessité d'aborder les questions numériques liées aux collections du patrimoine culturel et à l'interaction avec le public a commencé à se faire jour lentement.
Sur quoi travaillez-vous actuellement?
Fin 2017, le gouvernement flamand a approuvé une note de vision sur une politique culturelle à l'ère numérique. Ce document s'est avéré être un bon point de départ, mais pour passer à l'action, nous devons nous concentrer sur la transformation numérique du secteur culturel en tant que concept holistique. Tous les processus sont importants; une organisation n'est pas une entité isolée mais fait partie d'un écosystème. Les institutions ont des liens avec d'autres institutions et partagent leurs processus avec elles.
À cette fin, nous sommes sur le point de lancer un projet qui débouchera sur une stratégie globale fixant des objectifs clairs pour un écosystème culturel: que voulons-nous réaliser et comment devrions-nous l'organiser? Qu'en est-il des rôles, des relations et de la gouvernance au sein de cet écosystème? En septembre, un vaste cours sur le leadership numérique débute, au cours duquel les participants doivent évaluer leur propre organisation et peuvent «diplômer» de la preuve de concepts à la mise en œuvre dans leur contexte de travail.
En outre, nous avons lancé une initiative visant à élaborer un ensemble de mesures visant à stimuler la transformation numérique dans le secteur culturel et à mettre en place un petit réseau international de résidences numériques pour les artistes et les professionnels du patrimoine culturel afin de travailler sur des projets culturels numériques. Enfin et surtout, le gouvernement flamand co-organise un événement de deux jours Media Culture Fast Forward en tant que lieu de rencontre inspirant pour les institutions culturelles, l'innovation et la technologie.
Quels sont certains des défis dans votre rôle? Quels sont vos éléments préférés?
Le principal défi consiste à convenir de la nature de la transformation numérique. À l’ère de la COVID-19, les institutions culturelles se sont de plus en plus concentrées sur la question numérique afin de rester en contact avec leur public, mais cela a montré d’une manière ou d’une autre que l’«objet» numérique ne doit pas être considéré comme un substitut aux activités physiques. Le potentiel du numérique est à un autre niveau et nécessite un nouvel équilibre entre les sphères physique et numérique.
Comme le souligne le modèle SAMR, nous sommes encore au début d'une évolution qui devrait conduire à repenser la culture et les activités culturelles. SAMR signifie Substitution - Augmentation - Modification - Redefinition, et décrit les phases que les changements rencontrent. Au cours des dernières années, nous avons surmonté la notion de numérique comme une menace pour les activités physiques, mais nous avons encore un long chemin à parcourir. Nous avons besoin d'espace pour l'expérimentation afin que le numérique puisse devenir un élément essentiel des pratiques culturelles. Cela implique de repenser les modèles d'affaires.
Quelle a été votre motivation pour rejoindre le Conseil des membres?
Une partie essentielle de la stratégie numérique consiste à penser en termes d'écosystèmes et de processus interdépendants entre différents types d'institutions. Les règles du jeu internationales sont également importantes à cet égard et le réseau Europeana peut contribuer à façonner ce paysage. Il est important de définir les processus qui bénéficient d'une prise en charge au niveau européen. En rejoignant le Conseil des députés, je crois que je peux avoir un impact à cet égard.
Par exemple, j’ai participé aux ateliers sur la transformation numérique organisés par Europeana en juin 2020 et j’ai apprécié cette expérience. En demandant aux participants d'envoyer leurs pensées à l'avance et en leur donnant la parole lors des sessions, les gens ont pu réfléchir en profondeur à l'impact du monde en mutation sur leur situation de travail et ont été encouragés à détecter des éléments de perturbation positive.
Que comptez-vous faire en tant que conseiller des membres?
En participant activement au mouvement Europeana Network Association, je tiens à souligner l'importance d'une approche holistique du numérique (également en relation avec le physique) et la nécessité de repenser les concepts afin de maximiser l'importance de la culture dans une société en mutation.
