Pourquoi ce sujet? Pourquoi une plateforme digitale?
Les ordures sont devenues une question centrale de notre époque, mais elle est difficile: elle concerne ce dont nous disposons et ce que nous ne voulons plus regarder. Lorsque la Maison de l’histoire européenne a commencé à développer notre projet d’exposition sur l’histoire des déchets, intitulé «Jeter - l’histoire d’une crise moderne», nous avons décidé que c’était l’occasion de remplir notre mission de musée européen, en travaillant de manière véritablement transnationale avec d’autres musées du continent.
Nous croyions également que les musées, en tant que lieux de conservation qui relient les objets et les histoires à travers le temps, ont la responsabilité d'aborder le sujet des déchets. La réponse que nous avons reçue des organisations que nous avons contactées a montré que beaucoup d'autres partageaient notre conviction.
Résultat concret de notre collaboration, nous avons choisi de développer une plateforme web accessible en plusieurs langues, afin d'avoir un rayonnement à l'échelle européenne. Cet environnement en ligne axé sur le contenu offre une multitude de ressources dans différents formats, tous développés par les partenaires eux-mêmes. C'est une occasion unique pour toutes les organisations partenaires de créer des intersections et des liens entre leurs collections et leurs environnements locaux. Et, espérons-le, d’élargir les horizons de leur public.
Qu'est-ce que cette plateforme numérique a à offrir?
Plutôt qu’un équivalent en ligne de l’exposition de la Maison de l’histoire européenne à Bruxelles, la plateforme est une passerelle permettant aux gens de découvrir des objets, des lieux et des personnes à travers l’Europe et leurs relations entre les pays, les disciplines et les périodes. Il offre une vision kaléidoscopique de l'importance de nos déchets dans le passé et aujourd'hui.
Les visiteurs peuvent découvrir plus de 60 objets numérisés provenant des collections des musées participants. Chaque objet raconte une histoire à travers des photos et des textes, faisant réfléchir le visiteur sur tout ce qui nous entoure – sont-ils jetables et sans valeur, ou plutôt transitoires et réutilisables? Des ordures ou des ressources?
La plateforme invite également les citoyens à réfléchir aux questions mondiales en s’informant sur les réalités locales et les communautés liées aux déchets, au moyen d’une quarantaine de courtes vidéos filmées dans les environs ou les locaux des musées. Les audiovisuels présentent des histoires aussi diverses que la reconstruction d’une maison selon une approche «zéro déchet», la gestion des ordures résultant des inondations et un entretien avec un membre du personnel de nettoyage du musée.
Pour engager les visiteurs en ligne de manière ludique également, nous avons développé un jeu sur la «définition des déchets», quelque chose de plus complexe qu’il n’y paraît, en utilisant des définitions que nous avons recueillies auprès de professionnels travaillant dans les domaines de la collecte, de la réutilisation et de la réduction des déchets à Bruxelles.
En outre, la plateforme en ligne accueillera des billets de blog, des reportages photographiques, des événements diffusés en direct et des podcasts sur une variété d’activités et d’événements autour de la question des déchets qui auront lieu tout au long de 2023.
Comment avons-nous travaillé ensemble?
La Maison de l’histoire européenne a joué un rôle central en tant qu’initiatrice et coordinatrice de l’initiative. Dès le début et tout au long du processus, il s'est avéré important de fournir à nos partenaires des informations claires et fiables sur le pourquoi, le quoi et le comment de notre projet commun. Cela leur a été nécessaire pour identifier ce que leur contribution peut être, et pour être en mesure de mobiliser leur équipe muséale plus large. Dès le début, notre objectif a été d’«européaniser» le discours sur un sujet historique donné, le gaspillage dans ce cas. Nous avons conçu ce partenariat dans le cadre d’un projet plus vaste à l’échelle du musée qui nous permet de tirer des ressources humaines et financières de la Maison de l’histoire européenne et d’apporter l’expertise d’un contractant en matière de conception et de production.
Il a également été essentiel de s’appuyer sur les initiatives et les priorités des musées partenaires. Au départ, nous devions convaincre les musées que nous avions approchés que leur participation active au partenariat était non seulement utile, mais aussi réalisable malgré leurs autres engagements et leurs ressources humaines parfois limitées. Ensemble, nous avons pu identifier comment la participation au consortium était en fait un moyen pour eux d'approfondir et d'enrichir certains de leurs travaux en cours ou à venir.
Qu'obtenons-nous grâce à cette initiative?
Ensemble, en tant que musées, devenons-nous mieux équipés pour aborder le thème des déchets et de leur histoire en Europe? Certainement! Réussissons-nous à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés pour ce partenariat? Nous l'espérons! Il est encourageant de voir comment notre partenaire allemand, le Musée des cultures européennes, a décidé d'enrichir son propre projet d'exposition sur les déchets menstruels et l'environnement avec l'expertise et le contenu provenant d'autres pays européens; d’apprendre que les collègues du musée autrichien de la vie populaire et de l’art populaire de Vienne souhaitent organiser un voyage dans un autre musée partenaire, le musée slovène d’histoire récente de Celje, pour leurs membres de l’association des musées; d'apprendre que grâce au projet, notre partenaire italien, le musée Ettore Guatelli, a commencé à collaborer avec un centre voisin pour promouvoir / entreprendre le recyclage créatif. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Bien sûr, il est trop tôt pour évaluer le projet. Ce qui est certain, c'est que ce voyage collaboratif s'avère être un exercice unique de collecte de connaissances collectives qui nous permet de nous connecter en tant que personnes, de réfléchir en tant que groupe et d'agir de manière concertée. Ce faisant, nous contribuons à apporter une réponse significative à la question que nous avons posée tout au long de ce projet sur l'histoire des déchets: que nous disent les ordures de l’Europe sur son passé, son présent et son avenir?
Explorez notre plateforme en ligne et n'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires!
